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Burkina: La Diaspora en Côte d’Ivoire veut être impliquée dans les consultations

Son adresse à la nation était très attendue après sa prise du pouvoir, le 24 janvier dernier. Il l’a livrée, dans la nuit du jeudi, à la télévision nationale. Le nouvel homme fort du Burkina a clairement indiqué la volonté de l’armée à fédérer l’ensemble des énergies du pays afin de jeter les bases d’un Burkina nouveau. Leader de la jeunesse burkinabè en Côte d’Ivoire, Hamed Savadogo, président de la Plateforme Panafricaine «Efforts de Paix» réagit à travers cette interview.

–        Comment jugez-vous l’adresse du nouvel homme fort du Burkina Faso?

Je dirai que c’est un discours sincère qui rassure à la fois les Burkinabè que nous sommes et la communauté internationale. Nous n’avons pas affaire à des militaires arrogants. Le discours est bon et il faut le relever. J’ai personnellement noté quelques points de satisfaction. Sur la question de l’insécurité, il a réaffirmé la détermination des forces armées à mener une offensive visant à restaurer l’intégrité du territoire national pour permettre le retour des déplacés internes. Chose que l’ancien régime n’a pas su garantir en 7 ans aux Burkinabè. Il y a de l’espoir à voir les soldats organiser eux-mêmes leurs stratégies de guerre sans l’intervention du politique. On l’a entendu également engager les Fds et les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) à se mettre en ordre de bataille. Je pense que l’armée sera désormais sans faiblesse dans cette lutte. L’autre point de satisfaction, c’est la pleine conscience qu’a la junte militaire que ce combat devrait se mener avec l’ensemble des Burkinabè. D’où l’engagement du chef de l’Etat à convoquer les forces vives de la nation pour convenir d’une feuille de route.

Leader Hamed Savadogo/@facebook

–        Comment pourrait se décliner cette feuille de route?

Nous avons en novembre 2014 déjà eu affaire à l’élaboration d’une charte de transition après l’insurrection populaire qui a éjecté le président Compaoré du pouvoir. L’avènement de cette charte était la contribution des forces vives de la nation. C’est à mon avis le même exercice mais cette fois débarrassé des influences politiques. La junte militaire ne doit pas sa présence aux affaires à un groupe politique. Sa gestion ne saurait alors souffrir de compromissions. Cela lui donne l’avantage des stratégies et au peuple l’orientation voulue. Je me réjouis que le chef de l’Etat ait mis en garde tous ceux qui ne seront guidés que par des intérêts égoïstes. Il a prévenu les uns et les autres qu’il sera intraitable. Je pense que ces propos venant d’un militaire ne tombent pas dans l’oreille de sourds. Cependant, je pense que la diaspora doit être impliquée dans ses consultations.

–        Mais dans son adresse le chef de l’Etat n’a pas fait mention de la diaspora?

Explicitement non. Mais quand il s’adresse aux Burkinabè, c’est tous ceux qui se sentent burkinabè, je dirai même patriotes, qui doivent se sentir concernés. Nous n’avons pas à attendre toujours qu’on nous distingue par des formules consacrées du genre «diaspora». En 2014, je me rappelle, le journaliste écrivain Alexandre Lebel Ilboudo avait obtenu du lieutenant-Colonel Yacouba Isaac Zida, dès sa prise du pouvoir, qu’il reçoive une délégation de la diaspora au Burkina.

Je me souviens que cette délégation conduite par feu Salogo Mamadou, président du Conseil national des Burkinabè en Côte d’Ivoire, avait pu remettre un mémorandum dont certains points avaient été pris en compte par les militaires. Il n’y a pas de raison que dans les mêmes circonstances, la diaspora soit mise à l’écart. Nous avons des idées, nous avons des personnes ressources et nous avons des propositions à faire. Le chef de l’Etat a parlé de quête de décisions consensuelles et inclusives pour la refondation et la restauration d’une paix durable. Je ne puis penser que cela se fasse sans les Burkinabè de l’extérieur.

–        Avec les divisions intestines qui animent la diaspora, pensez-vous qu’elle puisse être associée à ses consultations sans que cela ne crée des problèmes de leadership?

Il n’y aura toujours des problèmes de leaders dans une société dynamique. Ce qui est intéressant c’est que les problèmes de la diaspora sont connus. Ici, il n’est pas question de venir jouer les «m’as-tu vu». C’est une question d’argument et de force de propositions pour l’intérêt national.

La plateforme panafricaine «Efforts de Paix» que je préside est une force de propositions qui dispose en son sein d’une cellule de réflexion. Il y’ en a bien d’autres structures assez sérieuses qui peuvent apporter un plus à la quête de restauration et de refonde. J’exhorte la junte militaire à impliquer la diaspora dans cette ère nouvelle qui s’ouvre au Burkina Faso. Il faudra même songer au-delà du ministère des Burkinabè de l’Extérieur, disposer à l’avenir à la présidence, d’un Conseiller en charge des Burkinabè de l’Extérieur qui remonte de manière directe les préoccupations de la diaspora au Président du Faso.

–        Quel délai de transition êtes-vous prêt à concéder à la junte militaire?

C’est au peuple de décider et je pense qu’une idée consensuelle sera dégagée lors des consultations annoncées par le chef de l’Etat. Pour ma part, je pense que 3 années sont raisonnables au regard de l’ampleur de la crise sécuritaire. Mais il n’y a pas que la crise sécuritaire, il y a la question de la réconciliation avec laquelle l’ex-régime à louvoyer. J’estime que cette transition naissante porte beaucoup d’espoir après qu’on ait vu jusqu’où la haine et le manque de tolérance peuvent conduire un pays.

–        Pensez –vous que la transition qui va se mettre en place puisse réconcilier les Burkinabè?

C’est l’une des conditions de sa réussite. Le chef de l’Etat l’a lui-même indiqué dans son adresse en ces termes : «Nous tenons-là, une grande opportunité pour réconcilier notre peuple avec lui-même et déclencher sa marche triomphale vers l’horizon du bonheur».

C’est une question principale autant que celle de la sécurité. Le retour des exilés doit être effectif sous cette transition. Et la justice doit être équitable pour ceux qui auront à y faire face. Le Burkina devrait pouvoir solder ces questions qui ont été longtemps différées pour des considérations politiques au détriment de la cohésion sociale.

–        Quand vous parlez de réconciliation, vous pensez au Président Blaise Compaoré?

L’ex-président Blaise Compoaré n’est qu’un cas parmi tant d’autres. Son statut d’ancien chef d’Etat l’a toujours mis en avant mais à côté de lui, il y en a tant d’autres. D’anciens ministres, mais également un autre comme l’ex-premier ministre Yacouba Isaac Zida. Je vous rappelle que l’ex-Directeur de Cabinet de Blaise Compaoré, feu Assimi Kouanda est mort en exil ici en Côte d’Ivoire avant que sa dépouille mortelle ne soit autorisée à être transférée pour inhumation à Ouagadougou. On me dira que personne ne les empêche de rentrer au pays. Soit ! Mais ils ont besoin d’être rassurés qu’ils auront un procès équitable où ils ne viennent pas en coupables résignés mais en présumés coupables avec la possibilité que leur cause soit entendue comme le dispose la charte des droits de l’homme. Sur ce point la junte a donné des assurances que les dossiers engagés sur le plan judiciaire seront souverainement conduits par les autorités ayant reçu compétence à cet effet. Cela augure de bonnes perspectives.

–        Ne craignez-vous pas que la Cedeao prenne des sanctions contraignantes à l’égard des militaires?

Qu’est-ce que cette institution sous régionale a apporté comme solutions aux maux qui minent le Burkina Faso? Qu’est-ce qu’elle a apporté au Mali, et à la Guinée pour ne citer que ces trois pays où les militaires ont pris le pouvoir. Ces trois situations appellent une autocritique de la part de cette institution. J’exhorte la Cedeao a murement réfléchir sur la distribution trop facile des sanctions contre-productives et à s’engager auprès de ces Etats-parties en difficultés pour leur redressement. Mais si d’aventure le Burkina Faso doit être sanctionnés nous appellerons le Mali, le Burkina et la Guinée à se retirer purement et simplement de cette institution. C’est dire que nous soutiendrons le redressement de nos pays.

Votre mot de fin.

J’exhorte le nouvel homme fort du Burkina Faso à respecter ses engagements parce que le discours qu’il a tenu nous rassure. J’invite la diaspora burkinabè à contribuer par ses réflexions et des propositions à la restauration et à la refonte de la nation. C’est l’avenir de notre pays qui en jeu.

Par Patrick Méka (Opera News)

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